Sur le plateau d'Angers 7, le Grand débat décortiqué , (maville)
C'est une confrontation que bon nombre d'Angevins attendaient. Le débat entre les six candidats aux municipales a eu lieu, hier, sur la télé locale.
En coulisses. Atmosphère solennelle, hier, dans les locaux d'Angers 7. Les partisans de chaque camp sont réunis devant un écran de télé. « On est confiant », glissent Gilles Mahé et Bernadette Caillard-Humeau, avant le début de l'émission, tandis qu'Hervé Carré et Michelle Moreau sont persuadés que leur tête de liste fera la différence. Margaret Pery s'est mise sur son 31 avec un joli tailleur blanc. Les candidats Brémaud, Grégoire et Nivault n'ont pas choisi de mettre la cravate. Du genre « décontracté ». En revanche, c'est le costume classique pour les deux prétendants au fauteuil de maire. Bah tiens, on passe à la télé !
L'emploi avant tout. Ce thème a donné lieu aux premières joutes. Pour Didier Brémaud, du parti ouvrier, « Angers a perdu beaucoup d'emplois industriels ces dernières années, qui n'ont pas été compensés. Mais la Ville ne peut être tenue responsable de la fermeture d'ACT, de Continental... Ceci dit, présenter le solde des créations d'emplois comme une victoire n'est pas juste ». Pour sa part, Christophe Béchu (UMP-MoDem) évoque « un retard » en termes de tissu économique « par rapport à Caen, Orléans... » Il veut « jouer sur les réserves foncières » pour développer l'économie. Et Jean-Louis Grégoire (PCF-LO) se propose de « réorganiser les aides publiques ».
Où l'on reparle de Terrena. Quand il s'agit d'emploi, Jean-Claude Antonini (PS-Verts) sort de ses gonds : « Je ne peux pas laisser dire n'importe quoi ! Nous avons doublé en trois ans la capacité d'accueil des surfaces commercialisées. On parle d'économie ? L'adjoint d'Avrillé doit s'en souvenir, c'est bien le maire d'Avrillé qui a voulu faire partir Terrena au Lion-d'Angers, non ? » Il reconnaît qu'il est le maire qui a « encaissé » un grand nombre de pertes d'emplois durant le mandat, sans compter que « Continental a fermé, et Thomson n'est pas très frais... »
Le garage de Patton. Martin Nivault (LCR) est scandalisé : « Ce n'est pas normal qu'un garage de l'avenue Patton se déplace dans la zone franche d'à côté pour bénéficier d'aide fiscale. » Jean-Claude Antonini lui répond que cette décision est certes anormale, mais que la zone franche a permis de créer bien des emplois.
Tramway : quand Béchu se démarque... Un thème fort de la campagne. Christophe Béchu maîtrise bien son sujet et entre dans la partie de manière directe. Et vend son tracé par les boulevards : « J'ai un vrai désaccord sur le tracé du tramway. Avec les constructions qui sont prévues à Angers et autour, je n'imagine pas qu'on n'élargisse pas le coeur de ville alors que l'agglomération, elle, va s'élargir. » Il parle alors de sa vision urbaine et des conséquences sur le tissu économique, qui seront « importantes ». Sans oublier son regret : « On a appris seulement après l'enquête publique que les tramways ne pourraient pas se croiser rue de la Roë. Unique au monde ! »
... Antonini réplique ! Le premier magistrat estime pour sa part « qu'on n'irrigue pas une ville à partir des côtés, mais du centre ». Et puis il rappelle au passage que « l'amélioration rue de la Roë a été proposée par le ministère des Transports... » Donc le gouvernement, donc l'UMP. Sur le financement du tramway : « La Ville a été spoliée par le gouvernement que soutient M. Béchu. »
Transports gratuits : 10 points de hausse. Le candidat de la LCR Martin Nivault l'assure : « C'est tout à fait possible. Cela se fait déjà dans plusieurs villes de France, dont Châteauroux. Alors pourquoi pas à Angers ? » Le maire réplique que cette gratuité entraînerait « une augmentation des impôts de 10 % ! » Et évoque plutôt de « revisiter les tarifs ».
D'une décennie à l'autre... Jean-Claude Antonini parle de la rénovation urbaine, de son bouclier logement qui permet de compenser les hausses de loyers liées à la rénovation, tandis que son principal adversaire évoque un « bilan extrêmement mauvais » en matière de constructions de logements. Antonini : « Je ne peux pas vous laisser dire cela ! » Béchu : « On a construit à Angers 435 logements par an au cours de la dernière décennie, alors que la moyenne était de 1 000 logements par an à la décennie précédente. » C'était sous l'ère de Jean Monnier...
Logement social. « Il faudrait construire mille logements par an pour répondre à tous les besoins », assure le benjamin Martin Nivault. Didier Brémaud demande, lui, « d'annuler les hausses de loyers ». Pour lui, peu importe de construire un grand nombre de logements sociaux : « Ce n'est pas la question du nombre... » Jean-Louis Grégoire s'étrangle en entendant Christophe Béchu : « C'est extraordinaire d'entendre M. Béchu parler du logement social quand on sait le bilan catastrophique dans les villes de droite... »
Les « placements » d'Angers habitat. Margaret Pery brandit un rapport sur Angers habitat, datant de 2006. Qui dit que l'organisme pratique des placements financiers. « Est-ce que c'est à Angers habitat de faire ce type de placements ? » A la fin du débat, cela lui vaut cette phrase de Jean-Claude Antonini : « T'as pas été gentille avec moi, Margaret ! » Parce qu'il fallait ?
Étiquette. Attaqué par les candidats de la gauche qui lui rappellent qu'il vient de l'UMP, Christophe Béchu répond qu'on « ne politise pas une élection municipale ». Jean-Louis Grégoire estime, au contraire, qu'il faut politiser les élections : « Pour une fois, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy... »
Le chef iroquois. A la question du « coup de coeur-coup de gueule », la quasi-totalité des candidats s'est contentée de donner dans le clip publicitaire. Du genre « Quand vous irez voter dimanche, n'oubliez pas que je suis le meilleur ». Sauf Didier Brémaud, furieux après la hausse des loyers à Angers, et Margaret Pery, qui présente son coup de chapeau : « Mon coup de coeur va à une jeune association sportive qui a financé elle-même ses maillots à Monplaisir... » Sympa. Puis, elle cite Oren Lyons, un chef iroquois : « L'homme n'a ni pouvoir, ni privilège, seulement des responsabilités. » « Hug » !
Le Grand débat sera diffusé, par séquences, ce jeudi, à partir de 14 h, sur notre site internet (
www.angers.maville.com). Vous pouvez également suivre la rediffusion du débat, sur Angers 7, aujourd'hui, à 11 h 30 et 22 h. Et vendredi, à 14 h.