Christobald a écrit :La jeunesse de 68, pour l'essentiel, ne voulait plus d'une société sclérosée et demandait simplement à jouir !.
Très à la marge, certains remettaient en cause le consumérisme.
La question écologique est devenue un leitmotiv de plus en plus culturel, publicitaire, sociétal mais l'écologie politique est toujours aussi peu lisible et peu populaire.
La question centrale des structures économiques et des inégalités est passée au second plan alors qu'elle est au coeur du problème.
Ohlala, quelle méconnaissance !
Dire qu’en 196& on demandait simplement à jouir est caricatural et réducteur.
Certes on raisonnait en termes de qualité de vie, expression apparue à cette époque-là, on voulait changer la vie, expression apparue à cette époque-là et récupérée plus tard par des politiciens sans scrupules, on ne voulait pas perdre sa vie à la gagner, ce slogan de la CFDT est enfant de 68, ce fut un vivier formidable, un énorme laboratoire d’idées dans la plus grande liberté, où s’élaboraient de nouvelles manières de faire de la politique ou de vivre en société, le fameux An 01 (« on efface tout et on recommence »), avec des propositions de démocratie participative à tous les niveaux, dans l’entreprise avec l’idée de l’autogestion - les LIP sont enfants de 68 - comme dans le système de représentation politique avec rejet du système en place (« élections pièges à cons », slogan de l’époque).
La conscience écologique est apparue à ce moment-là avec l’idée du retour à la nature. Ce qui apparaît aujourd’hui comme une évidence était considéré comme folklo par l’ordre établi, sans doute parce que le mouvement hippie en était une des manifestations les plus visibles bien que marginale.
Le pouvoir pompidolien qui va au contraire développer le consumérisme et l’américanisation de la société en facilitant l’accès au crédit et a l’endettement va faire preuve d’une répression féroce (Darmanin est un enfant de chœur à côté de Marcellin, ministre de l’Intérieur de 1968 à 1974, incarnation du retour à l’ordre musclé après les événements) envers le mouvement écologique qui va compter ses premiers morts/martyrs lors de manifestations contre les constructions de centrales nucléaires.
Cette répression violente va entraîner un recul énorme de la conscience écologique et permettre au pouvoir en place et a la société dominante de récupérer et de vider de substance le message de l’écologie politique donnant peut-être à certains l’impression qu’il ne s’agit que d’un « leitmotiv culturel et publicitaire », ce qu’il n’est pas bien sûr.
A l’époque il fut clairement dit, en particulier en 1972 dans le rapport du Club de Rome, il fut clairement dit qu’il fallait changer de cap dans nos modes de production, nos modes de vie, pour ne pas se retrouver avec des problèmes majeurs et un dérèglement de la planète aux lourdes conséquences dans les 50 ans à venir si on intervenait pas
Les gouvernants de notre belle planète ont préféré ignorer les warnings et 50 ans plus tard nous voici au cœur de la tourmenté .