Rémy PERRIN ✝

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gabysco
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Rémy PERRIN ✝

Messagepar gabysco » mer. 27 févr., 2008 11:58 am



Le CO nous informe du décès de Rémy Perrin :(

petit article de 1992-1993 le concernant

Il y a tout juste cinquante ans, le SCO remportait son premier titre de gloire en devenant champion de France amateurs grâce à une victoire sur Besançon (2-0). Ce jour-là, dans le vieux stade Saint-Ouen à Paris, Rémy Perrin avait marqué le premier but. Il s'en souvient comme si c'était hier...

« A vingt-cinq mètres des buts, je reçois la balle ; je suis complètement arrêté. Le demi-centre de Besançon me fonce dessus, alors je fais sauter la balle du pied droit sur le pied gauche et pan ! C'est parti comme une fusée au ras du poteau ! J'ai revu le goal de Besançon bien des années plus tard et il me parlait encore de ce but ».

Volubile et manifestement heureux de faire revivre son meilleur souvenir sportif, Rémy Perrin a aujourd'hui 71 ans. Il était donc un tout jeune homme en 1943 au moment de cette fameuse finale du championnat de France amateurs. Le SCO, qui avait jusque-là vécu dans l'ombre du prestigieux CSJB (quart de finaliste de la coupe de France en 1931), venait de s'offrir les services de sa première « vedette » en la personne de Georges Meuris, ancien international et vainqueur avec le Red Star. « Ce n'était pas vraiment un pédagogue, dit de lui Rémy Perrin, mais c'est quand même lui qui m'a à peu près tout appris en matière de football ».

Sous la houlette de Meuris, embauché en qualité d'entraîneur-joueur, le SCO remporte dans un premier temps le championnat d'Anjou et se qualifie par là-même pour le championnat de France amateurs qui renaissait après une interruption de trois ans dûe à la guerre. « En ce temps-là, on était très motivé car il n'y avait guère que deux distractions : courir les filles et jouer au foot ! »

L'influence de Georges Meuris
Après avoir éliminé Bordeaux 4-1 en demi-finale, les Angevins gagnent donc leur billet pour Paris. A une époque où le professionnalisme balbutiait encore un peu (et était de surcroît en sommeil du fait de la guerre), le titre de champion de France jouissait alors d'un certain prestige. « A Saint-Ouen, dit Rémy Perrin qui exagère sens doute un peu, il y avait bien 40 à 50.000 spectateurs ! Le père Meuris était connu là-bas comme le « loup blanc ». Cela faisait un sacré effet de jouer devant autant de monde ».

Grâce à deux buts signés Perrin et Combot, le SCO devint donc champion de France amateurs, un peu à la surprise générale car Besançon, qui avait battu Reims en demi-finale, était donné favori. Le « Miroir des sports » résuma ainsi la finale. « Le SCO d'Angers dominé en poids, en taille et en assurance par les Bisontins, supplée à ces diverses infériorités par l'organisation du jeu, le placement des joueurs et la direction avisée de l'arrière central Meuris. Le football angevin a l'avenir devant lui ».

200 supporters angevins, malgré les difficultés du moment, avaient fait le déplacement à Paris et une foule bien plus nombreuse encore attendit les héros à leur retour en Anjou. « Nous avons été reçus partout notamment chez Cointreau d'où on est sorti très mal en point... » Ce brillant résultat allait-il être de nature à gonfler le portefeuille des joueurs du SCO ? Rémy Perrin s'insurge : « Avec le SCO, je n'ai pas gagné un kopeck ! Rien du tout... mis à part peut-être quelques cigarettes offertes par les supporters ! »

A l'euphorie de la victoire allaient succéder des lendemains plus cruels. « Quelque temps après, je suis parti pour l'Allemagne dans le cadre du S.T.O. Je n'en suis revenu qu'à la fin de la guerre... sans beaucoup de jus ».

En 1945, Rémy Perrin reprendra une licence au SCO mais il ne s'investira pas dans l'aventure du professionnalisme. « En tant qu'enseignant, j'avais un contrat avec l'Etat, alors je ne pouvais pas », dit-il, une pointe de regret dans la bouche, avant d'ajouter plein de modestie, « de toute façon, en avais-je le talent ? »

Cela ne l'empêchera pas d'entraîner la réserve du SCO dans les années 55-60 et d'être particulièrement fier d'avoir lancé un certain Robert Devis.

Quant au SCO actuel, Rémy Perrin navigue entre circonspection et espoir. « L'an dernier, je ne suis venu qu'une fois... pas terrible. Mais je compte bien revenir plus souvent cette saison ! »

RIP Monsieur Perrin
"Ex-Ministre des Générations SCOistes"
Merci W.!

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